Julien Blaine

Julien Blaine crée sa première revue, Les Carnets de l’Octéor, à l’âge de 20 ans. Parallèlement, il se lance dans la performance, la poésie action, avec Reps éléphant 306. Cette performance se compose à partir d’un interview d’éléphant, qu’il va retraiter sur bande.
Dès lors, il approfondira ces deux champs : d’un côté, la publication et la mise en question de ce support ; de l’autre, la poésie action, qui rompt avec la lecture classique, au même titre que ce qu’a pu faire Bernard Heidsieck avec la poésie sonore.
En 1988, Blaine crée, après celles de Cogolin, les rencontres internationales de poésie de Tarascon, puis, en 1989-1990, un lieu de diffusion et de création poétique au cœur de la vieille ville de Marseille, le Centre international de poésie Marseille (cipM) — il est, à l’époque, adjoint de la mairie phocéenne délégué à la culture. Il occupera également une place importante dans le festival Voix de la Méditerranée de Lodève, peu après sa création en 1998.
La revue Doc(k)s
Blaine crée en 1976 la revue internationale Doc(k)s, qui, avec Action poétique, arrêtée aujourd’hui, est maintenant l’une des plus vieilles revues de poésie contemporaine française. Doc(k)s n’est pas une revue classique de poésie, mais elle cherche à faire apparaître la poésie dans ce qu’elle a de plus divers. C’est pourquoi les numéros sont consacrés tant à des thèmes qu’à des pays, des contrées du monde.
Doc(k)s devient en ce sens un réel document pour ceux qui veulent approcher toutes les modalités poétiques contemporaines. C’est un carrefour des expériences d’écriture. En 1990, « délégué à la poésie » au sein de la municipalité phocéenne, Julien Blaine abandonne la direction et l’édition de Doc(k)s à Akenaton (Philippe Castellin et Jean Torregrosa), groupe de poètes et performers intermedia qui engagent Doc(k)s dans l’exploration des nouvelles possibilités offertes par le développement du numérique et lui assurent une visibilité internationale.
L’arrêt de la performance
En 2005, Blaine décide, à l’occasion de ses 60 ans, d’arrêter la performance. Depuis l’« abandon » de celle-ci, il s’expose et expose souvent dans des « démonstr’actions » et intervient régulièrement sous forme de « déclar’actions » en solo ou avec différents partenaires, poètes ou musiciens (Hortense Gauthier, Joëlle Léandre, Patrice Soletti, Philippe Boisnard, John Giorno, Ma Desheng, Guillaume Loizillon, Emmanuel Loi, Patrick Muller, Richard Léandre, Étienne Brunet, Jürg Halter, Jean-François Pauvros, Éric M., etc.). Il s’agit pour lui de transformer son mode d’intervention, qui sera davantage relié à la langue qu’à l’action1.
Sa fille Marie Poitevin, cinéaste, a réalisé un film à ce sujet : Julien Blaine, l’éléphant et la chute2. Blaine organise pour fêter cet arrêt une tournée « Bye-bye la perf’ » qui durera un an. Chaque soirée il sera entouré aussi bien de jeunes écrivains que des compagnons de route.
Son œuvre
Une poésie élémentaire
Julien Blaine, tout au long de ses publications, s’interroge sur le sens, sa formation, et en quel sens il se constitue. Cette recherche s’est constituée comme poésie élémentaire. La caractéristique de la poésie élémentaire tient à ce que tout élément signifiant est incorporé dans le poème, aussi bien des éléments de typographie non alphabétiques, que l’ensemble des traces de la culture humaine tous continents confondus.
La poésie se fait également avec le poète, avec sa voix et son corps. La poésie élémentaire, et d’autres, telles la poésie sonore, sort la poésie du livre. Ce n’est pas que l’écrit ne soit pas important, mais il est un des aspects résiduels de l’ensemble. Ce qui fait la différence poésie / prose est que dans la poésie interviennent la marche et le souffle. Ainsi la marche donne le rythme qui donne, entre autres, la rime. Par son corps, son attitude, le poète créé un rapport à l’autre, qui est un pacte entre lui et l’autre, pacte où la présence du plaisir est fondamentale. Ces conceptions se voient dans les troubadours et, plus récemment, chez les futuristes et Dada3.
C’est en ce sens que Julien Blaine, avec la poésie élémentaire, construit une forme d’archéologie poétique de la naissance du langage et de sa transformation dans le temps.
Depuis quelques années, il poursuit cette recherche et la publie sous le titre Les Cahiers de la 5e feuille4.

Il a publié aux éditions Paraules

Dernière démonstr’action sous ma gouverne Julien Blaine Paru le 1er juillet 2020  Disponible, Broché 10,00 EUR 1 vol. (49 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 20 x 13 cm 978-2-85089-018-5
Aux éditions K’A

Sous le pseudo de Etienne Biennarmé Lecture par les pouces livre

  • Julien Blaine dans Les 20 ans de radio Libertaire, double CD, DCC 12/13, éditions K’A (2001)
  • Julien Blaine, En chair et en os, Live, quelques moments DCC 08, éditions K’A (2000)
  • Julien Blaine, La Cinquième Feuille, DCC 11, éditions K’A (2001)
  • Julien Blaine, Etienne Brunet, Bye-bye la perf, DCC 25, éditions K’A

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