lorsque je te dis tu joc de tu a jo Evelyne Maureso

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Fuir. Se réfugier au plus profond de soi-même. Fuir de soi-même. Aller au plus profond d’un prochain.
Fuir un lieu. Se réfugier ailleurs. Qui suis-je ? Qui es-tu? Qui est l'autre ? Et si j'étais l'autre, ou toi ?
Ce jeu de miroir que nous proposent les textes d'Evelyne Maureso, de toi à moi, d’auteure à lecteur, sont aussi les problématiques de la traduction : passer d'une langue à l'autre.
Il faut se dépouiller pour pénétrer dans la peau de l'autre.
Si, de plus, nous percevons, en filigrane, le problème existentiel de l'exil, s’ajoutant à un exil intérieur, très personnel, comment ne pas faire le rapprochement avec le vécu, les frustrations et les espérances de tant de communautés, de tant de peuples et de tant de déracinés, et pourquoi pas avec les Catalans eux-mêmes ? Au traumatisme que chacun, avec plus ou moins d’acuité, éprouve avec la séparation et la rupture du cordon ombilical, la perte du paradis dans le ventre maternel, l'Histoire, les guerres et les conflits socio-économiques amènent d'autres traumatismes et séparations d’avec la Terre-Mère, en passant d'une rive à l'autre.
Des cris de douleur latents, la quête d'une identité et d’une plénitude perdues, jaillissent de ces textes minimalistes. N’y recherchez ni poésie lyrique, ni images élaborées, ils n'en ont nullement besoin.
Ce questionnement brut, répétitif, insistant, n’est pas sans rappeler le ver de terre décrit par le poète-chanteur catalan Joan Pau Giné:« regarde comme il s'enroule peu à peu, comme il se tord peu à peu, d'un côté à l'autre il s'étire, au milieu du monde il n'a ni queue, ni tête, il doit avoir quelque chose à dire ».
Une poésie à lire et à dire, à la hauteur de ce fragment d'humanité enfoui en chacun de nous tous.

Fugir. Enforatar-se. Fugir d’un mateix. Enforatar-se dins l’altre. Fugir d’un lloc.
Enforatar-se dins un altre lloc. Qui soc jo? Qui ets tu ? Qui és l’altre? I si jo o tu fóssim l’altre?
Aquests jocs de miralls als quals ens conviden els textos d’Evelyne Maureso, de tu a jo, d’autor a lector, són també els problemes de la traducció :passar d’una llengua a l’altra.
Se cal despullar per entrar dins la pell de l’altre.
Si a més a més intuïm, en filigrana, la problemàtica existencial d’un exili, afegit a un exili interior, tot personal, com no fer una aproximació amb les vivències, les frustracions i esperances de tantes comunitats, de tants pobles i de tants desarrelats, i perquè no dels catalans mateixos? Al trauma que cadascú, amb més o més força i consciència, pot experimentar d’una separació arran del trencament del cordó umbilical i de la pèrdua del paradís en el ventre de la mare, la Historia, els conflictes bèl·lics i socioeconòmics provoquen altres traumes de separació amb la terra-mare,creuant d’una riba a l’altra.
Aquest crit de dolor latent, aquesta recerca d’una plenitud perduda, real o imaginària, traspua d’aquests textos minimalistes. No hi trobarem ni poesia lírica,ni imatges rebuscades, no les necessitem.
El qüestionament és brut, repetitiu, insistent, com el cuc d’en Joan Pau Giné : « mireu com poc a poc se recoquilla, com poc a poc s’entortilla, d’un ban i de l’altre s’estira, al mig del mónno ten ni cap ni cua, deu tenir quelcom a dire».
Crits i qüestionaments a l’altura d’aquest fragment d’humanitat que tenim en tots nosaltres.